PORT-AU-PRINCE, 17 mars 2025– Le Collectif du 4 Décembre, soutenu par plusieurs organisations de la société civile, lance un appel urgent au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour qu’il mette un terme à la destruction du pays. « L’ambiance explosive patente, la révolte populaire qui gronde, l’insécurité généralisée, le ras-le-bol des citoyens sont des signes évidents de l’imminence d’une déflagration avec des conséquences incalculables », alerte le Collectif, dénonçant l’incapacité du CPT à rétablir l’ordre après onze mois de gouvernance.
« Effondrement spectaculaire et honteux de l’État », « situation chaotique », « insécurité galopante », « déferlement régulier de hordes de bandits pourchassant une population sans défense », « tueries massives orchestrées par les gangs qui n’épargnent ni nourrissons ni vieillards », « pertes additionnelles de plus en plus de territoires au profit des gangs qui les envahissent rageusement » : tels sont les mots employés par le Collectif pour qualifier la situation actuelle. Il dénonce également la « destruction par des gangs armés de centres de santé, d’hôpitaux, d’universités, d’écoles publiques, d’écoles privées, d’écoles professionnelles, de maisons de résidence de paisibles citoyens et de lieux de culte », ainsi que des « entreprises commerciales privées vandalisées, pillées, détruites ou incendiées ». Pour le Collectif, ce « bilan catastrophique témoigne de votre échec complet sur tous les fronts ».
Le Collectif du 4 Décembre et les organisations de la société civile exigent un changement immédiat de gouvernance. « Pour freiner pareille débâcle et sauver notre pays, un changement de gouvernance s’impose ! », déclare-t-il, appelant le CPT à remettre la présidence à un juge de la Cour de Cassation. Ce dernier s’adjoindrait un chef de gouvernement composé d’une douzaine de ministres, encadrés par une feuille de route articulée autour de cinq priorités : sécurité, apaisement social, redressement des institutions étatiques, reprise de la vie normale et organisation d’élections honnêtes.
Le Collectif interpelle la nation haïtienne et la communauté internationale – Organisation des Nations Unies, CARICOM, Union Européenne, corps diplomatique – afin qu’elles prennent la mesure de l’urgence et agissent en conséquence. « Assurés que vous comprendrez l’urgence et le bien-fondé de cette approche de la société civile », conclut le Collectif, exhortant le CPT à prendre ses responsabilités et à céder la place à une gouvernance capable de sortir Haïti du chaos.