Fritz Alphonse Jean annonce de nouvelles mesures pour restaurer la sécurité en Haïti…

Fritz Alphonse Jean, Conseiller-President...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 3 avril 2025, (RHINEW)– À l’occasion du premier anniversaire de l’Accord du 3 avril 2024, qui a donné naissance au Conseil Présidentiel de Transition (CPT), son président, Fritz Alphonse Jean, s’est adressé à la nation pour dresser le bilan de l’année écoulée et annoncer des mesures fortes pour lutter contre l’insécurité qui ravage le pays. Ce discours, prononcé dans un contexte de grande détresse pour la population haïtienne, a été marqué par une déclaration de guerre totale contre les gangs armés et leurs alliés, qu’ils soient nationaux ou internationaux.

Dès les premières phrases de son allocution, le président du CPT a voulu reconnaître la souffrance de la population et l’ampleur des défis à relever. « Nous entendons vos cris, nous voyons vos souffrances. Vous avez perdu vos maisons, vos commerces, vos emplois. Vos enfants ont dû fuir, vos familles ont été déchirées. Les gangs ont semé le deuil dans tout le pays, mais il est temps d’y mettre fin. » Il a souligné que la violence aveugle des groupes armés a touché toutes les couches de la société et a forcé des milliers de familles à fuir leur domicile, transformant des quartiers entiers en zones de guerre. « Solino, Delmas 30, Fort National, Carrefour-Feuilles, Cité Soleil, Martissant, l’Artibonite… Toutes ces communautés ont été ravagées par des criminels sans scrupules. »

Fritz Alphonse Jean a ensuite dénoncé avec fermeté les forces qui soutiennent ces gangs et alimentent le chaos en Haïti. Selon lui, le crime organisé international joue un rôle central dans l’instabilité du pays, en orchestrant le trafic de drogue, d’armes, de munitions et même d’organes humains. « L’ennemi du peuple haïtien, ce sont ces trafiquants qui exploitent notre territoire pour mener leurs affaires illégales. Ces mafias nationales et internationales doivent être combattues avec la dernière énergie. » Il a salué la décision du gouvernement dominicain d’imposer des sanctions contre certains de ses hauts responsables impliqués dans des activités criminelles en Haïti et a rappelé les révélations du président colombien Gustavo Petro sur l’implication de réseaux colombiens dans l’alimentation des gangs haïtiens. « Nous dénonçons avec force ces organisations criminelles internationales qui fournissent armes et ressources aux gangs qui terrorisent notre peuple. Il est temps de couper les tentacules de cette pieuvre mafieuse. »

Face à cette menace, le chef du CPT a annoncé des mesures immédiates pour renforcer la capacité des forces de l’ordre et reprendre le contrôle du territoire. Il a ordonné la sélection de policiers intègres pour renforcer les unités spécialisées, l’augmentation du budget de la Police Nationale d’Haïti (PNH), et la création de nouvelles structures de renseignement et de lutte contre la criminalité. « Nous sommes en guerre. Et dans cette guerre, nous devons nous donner tous les moyens nécessaires pour rétablir l’ordre et garantir à notre peuple un avenir sans peur et sans violence. »

Parmi les nouvelles institutions annoncées figurent l’Agence Nationale de Sécurité (ANS), qui sera chargée du renseignement et de la traque des criminels, ainsi que le Conseil National de Sécurité et de Défense (CNSD), une structure permanente destinée à élaborer une stratégie sécuritaire de long terme. Fritz Alphonse Jean a également confirmé l’accélération du déploiement de la mission internationale dirigée par le Kenya, avec l’appui d’autres pays partenaires.

Le président du CPT a tenu à rappeler que le combat contre l’insécurité ne doit pas être un prétexte à une mainmise étrangère sur Haïti. Il a mis en garde contre toute tentative de récupération du conflit par des intérêts extérieurs : « Nous devons être vigilants. Notre détresse ne doit pas servir de prétexte à une ingérence étrangère qui irait à l’encontre des intérêts du peuple haïtien. Cette bataille, c’est la nôtre, et nous devons la mener selon nos propres termes. »

Dans un second temps, Fritz Alphonse Jean a abordé la question de la transition politique et des prochaines élections. Il a rappelé que le CPT est déterminé à organiser des élections crédibles d’ici le 7 février 2026, permettant à la diaspora haïtienne de voter pour la première fois. « Le peuple haïtien doit reprendre le contrôle de son destin. Nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour qu’en février prochain, un gouvernement légitime, issu des urnes, prenne la relève et poursuive la reconstruction du pays. »

Le chef du CPT a conclu son discours sur un message de résistance et d’espoir, appelant à l’unité du peuple haïtien face aux épreuves. « Le combat est difficile, mais nous avons déjà prouvé que nous pouvons résister. Comme nos ancêtres ont combattu pour l’abolition de l’esclavage, nous devons continuer à nous battre pour libérer Haïti des chaînes de l’insécurité et du crime organisé. Ensemble, nous vaincrons. »