Clarens Renois critique sévèrement le CPT et appelle à une guerre totale contre l’insécurité et la corruption…

Clarens Renois, dirigeant du parti UNIR...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 3 avril 2025,(RHINEWS)- Clarens Renois, Coordonnateur National du parti UNIR (Union Nationale pour l’Intégrité et la Réconciliation), a vivement réagi à la déclaration du Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, prononcée le 3 avril 2025 à l’occasion du premier anniversaire de l’accord du 3 avril 2024. Dans une prise de position ferme, il exprime son insatisfaction face à un discours qu’il juge déconnecté de la réalité et incapable d’apporter des solutions concrètes à la souffrance du peuple haïtien.

« Nous avons pris note de la déclaration du Président du CPT, mais nous ne sommes pas satisfaits. Nous ne sommes pas satisfaits parce que ces déclarations ne fournissent pas de réponses concrètes à la souffrance du peuple. Nous avons entendu des promesses, mais nous n’avons pas entendu de mesures. »

Pour Clarens Renois, le CPT a failli à sa mission. Il critique un réveil tardif de l’institution qui, selon lui, a passé trop de temps dans l’inaction. « Le CPT a été endormi et se réveille soudainement, comme si le 3 avril venait juste d’arriver. Pourtant, il avait une mission claire : restaurer la sécurité, combattre la corruption, préparer de bonnes élections. Comme si, après 12 mois, le CPT se souvenait soudainement des responsabilités qui lui avaient été confiées. Pendant ce temps, deux présidents se sont succédé à la tête du pays. La guerre ne s’est pas arrêtée, elle s’est aggravée. »

Le dirigeant du parti UNIR dresse un constat alarmant de la situation actuelle. Selon lui, le pays est plus instable que jamais : « Plus d’insécurité, plus de victimes, plus de territoires perdus, plus de déplacés. Aujourd’hui, même le cœur de la capitale est menacé. »

Mais au-delà de l’insécurité, il dénonce aussi un manquement grave à la lutte contre la corruption, qui faisait pourtant partie des engagements du CPT. « Depuis 11 mois, le CPT a oublié son engagement de lutter contre la corruption et d’éradiquer les mauvaises pratiques au sein de l’État. Au contraire, des soupçons pèsent sur certains membres du CPT, impliqués dans le scandale de la BNC ou dans la gestion opaque des fonds de l’intelligence nationale. »

Il fustige l’absence de poursuites judiciaires contre les responsables des crises successives qui ont plongé Haïti dans le chaos : « En 11 mois, qu’a fait le CPT pour traduire en justice ceux qui ont conduit le pays là où il est aujourd’hui ? Rien. »

Face à cette situation, il appelle à une guerre totale contre les forces qui détruisent Haïti. « La guerre doit être totale. L’État doit faire la guerre contre les gangs terroristes qui brûlent et tuent. L’État doit faire la guerre contre ceux qui ont mis en place et soutiennent ces gangs. L’État doit faire la guerre contre les corrompus, contre les trafiquants d’armes, de munitions, de drogue et de contrebande. »

Et pour Renois, cette guerre doit aussi toucher ceux qui sont au pouvoir : « Le CPT doit même faire la guerre contre lui-même. »