Haïti sous le joug de la terreur : quand les terroristes de “Viv Ansanm” veulent imposer le silence par le feu…

Éditorial de Francklyn B. Geffrard,

MIAMI, dimanche 16 mars 2025, (RHINEWS)- L’attaque contre Radio Caraïbes et Radio Mélodie FM par les terroristes de “Viv Ansanm” ne se résume pas à un simple acte de vandalisme ou de violence gratuite. Il s’agit d’un message clair, cynique et calculé : imposer la terreur, museler la presse et affaiblir tout contre-pouvoir capable de dénoncer leurs exactions. En ciblant ces deux stations, les assaillants visent à faire taire certaines voix et critiques, à instiller un climat de peur et à démontrer leur emprise sur le pays.

L’attaque des médias n’est pas anodine. La presse, en Haïti comme ailleurs, malgré certaines lacunes, joue un rôle fondamental dans la démocratie. Elle informe, elle enquête, elle révèle les abus et les dérives. En s’attaquant à Radio Caraïbes et à Radio Mélodie FM, Viv Ansanmcherche à réduire l’espace de liberté d’expression et à imposer son propre récit, un récit où la peur et la soumission remplacent la vérité et la résistance citoyenne. Ce modus operandi s’inscrit dans une stratégie de contrôle de l’information qui est typique des régimes autoritaires et des groupes criminels organisés. En Haïti, où l’État est défaillant, la presse reste l’un des derniers bastions de la démocratie. Sa destruction ou sa mise sous silence permet aux terroristes d’opérer dans l’impunité totale, sans crainte de dénonciation ou de mobilisation populaire.

L’un des aspects les plus alarmants de cette situation est l’absence de réponse ferme des autorités. Malgré les menaces explicites proférées par Jimmy “Barbecue” Chérizier et d’autres chefs terroristes, aucune action décisive n’a été prise pour protéger les journalistes et les médias. Cette inaction alimente un cycle infernal : plus les terroristes imposent leur loi, plus ils deviennent audacieux, et plus l’État s’efface. L’incapacité des forces de l’ordre à stopper ces attaques montre à quel point les institutions régaliennes sont devenues obsolètes face à la montée de ces groupes terroristes. Cette impuissance étatique renforce non seulement la domination des terroristes mais aussi le sentiment d’abandon de la population, qui se retrouve livrée à elle-même.

La liberté de la presse est un pilier de toute démocratie. Son érosion progressive en Haïti entraîne un risque majeur : la normalisation de la terreur et de la censure. Si les médias indépendants disparaissent, il ne restera plus que les canaux de communication contrôlés par les groupes terroristes ou par des factions politiques opportunistes. Cela signifie non seulement une désinformation massive, mais aussi la disparition de tout espace de débat public et de contestation. Par ailleurs, la société civile elle-même est menacée. L’attaque contre Radio Caraïbes n’est qu’une étape dans un processus plus large d’intimidation : après les journalistes, ce seront les militants, les entrepreneurs, les universitaires, bref, tous ceux qui refusent de plier sous la loi des terroristes. Cette logique de terreur systématique risque d’anéantir toute possibilité de reconstruction démocratique.

La seule réponse viable face à cette escalade est une action forte, coordonnée et durable. L’opération de drone kamikaze qui aurait effrayé les terroristes montre qu’il existe des moyens de les contrer, mais encore faut-il que cette initiative soit intensifiée et accompagnée d’une véritable stratégie de reconquête territoriale. Il est urgent de rétablir l’autorité de l’État en déployant des forces de sécurité bien équipées et déterminées à reprendre le contrôle des zones dominées par les terroristes. Protéger les journalistes et les médias, briser l’impunité, impliquer la communauté internationale et mobiliser la population sont autant de leviers à activer pour empêcher la chute définitive du pays dans le chaos.

Cependant, combattre les terroristes de Viv Ansanm ne suffira pas à rétablir la paix en Haïti tant que leurs véritables architectes resteront intouchables. Derrière ces hommes armés, souvent perçus comme des acteurs principaux du chaos, se cache un réseau bien plus large et plus insidieux : une mafia profondément enracinée dans les structures du crime organisé. Drogue, armes, traite humaine, trafic d’organes… Les terroristes ne sont que les bras armés d’un système économique parallèle qui prospère sur l’effondrement de l’État. Une guerre contre Viv Ansanm sans une traque rigoureuse de ceux qui les financent, les arment et les conditionnent à la barbarie reviendrait à couper une branche sans toucher aux racines du mal.

L’impunité dont jouissent ces financiers et complices politiques constitue un des piliers de la crise. L’État haïtien ne peut prétendre être impuissant face aux flux d’armes et d’argent qui alimentent le terrorisme. Ports, aéroports, points frontaliers… Ces lieux stratégiques ne sont pas des zones hors de contrôle par nature, mais des espaces volontairement laissés à la merci des trafiquants, souvent avec la complicité d’acteurs influents. Il est impératif d’y instaurer une surveillance stricte et d’y mener des opérations de démantèlement ciblées. Ceux qui facilitent l’entrée des armes, blanchissent l’argent du crime et offrent une couverture politique aux terroristes doivent être désignés comme des ennemis du peuple haïtien et poursuivis avec la même intensité que les exécutants.

Face à cette menace existentielle, il est temps de nommer les choses clairement : Viv Ansanm et leurs soutiens forment une organisation terroriste. Continuer à les considérer comme de simples groupes criminels, c’est sous-estimer leur impact destructeur et les laisser prospérer sous couvert d’ambiguïté. La mise en place d’unités anti-terroristes spécialisées, d’un parquet dédié et de lois renforçant les dispositifs répressifs est une nécessité absolue. Le peuple haïtien ne peut plus être otage d’une machine de violence qui l’étrangle depuis trop longtemps.

Mais cette guerre ne peut être menée uniquement par l’État. Les autres départements, encore relativement préservés du chaos de Port-au-Prince et de l’Artibonite, ne doivent pas rester passifs en observant la capitale sombrer. L’histoire récente a prouvé que la stratégie des terroristes vise à encercler, asphyxier et ensuite étendre leur emprise. Si aucune réponse nationale et solidaire n’est apportée, d’autres régions connaîtront bientôt le même sort. La résistance doit s’organiser sur tous les fronts : sécuritaire, judiciaire, mais aussi citoyen. Seule une mobilisation collective peut empêcher Haïti de basculer définitivement dans un règne de terreur où ni la démocratie ni la dignité humaine n’auront plus leur place.

Ce combat est une question de survie. En 1986, les Haïtiens ont rejeté la dictature pour embrasser un avenir démocratique, avec le droit fondamental de circuler librement et de s’exprimer sans peur. Aujourd’hui, ce rêve est en péril. Ne pas agir reviendrait à le trahir et à offrir le pays en pâture à ceux qui prospèrent sur son agonie. L’heure n’est plus aux demi-mesures, mais à une riposte totale, déterminée et sans compromis.

Il ne faut jamais oublier que i’attaque contre Radio Caraïbes et Radio Mélodie FM est bien plus qu’un simple acte de violence : c’est un test pour la société haïtienne. Si les terroristes parviennent à faire taire la presse sans conséquences, alors plus rien ne pourra arrêter leur ascension. Mais si cette attaque suscite une réponse ferme et déterminée, elle pourrait être le point de départ d’une reprise en main du pays. Haïti est à la croisée des chemins : ou bien elle cède à la peur et sombre définitivement dans l’anarchie, ou bien elle trouve la force de résister et de restaurer l’État de droit. Le temps presse.