Trump met fin au rêve de la carte verte pour 550 000 migrants cubains

Donald J Trump, president des Etats-Unis...

MIAMI. mardi 1er avril 2025Les Cubains, autrefois favorisés par les lois migratoires américaines, font désormais face aux mêmes difficultés que le reste de la communauté latino-américaine en matière de régularisation, de travail et de déplacement.

Castro, un migrant cubain vivant au Texas, vit dans la clandestinité. Sans permis de travail ni papiers, il travaille illégalement via l’application Doordash qu’il loue à un tiers. Comme lui, 42 000 Cubains sont sous le coup d’une ordonnance de déportation. Contrairement aux générations précédentes, Castro pensait pouvoir bénéficier de la loi d’Ajustement cubain après un an et un jour sur le sol américain, mais ce n’est plus une option pour des milliers de ses compatriotes.

Depuis 2021, 681 812 Cubains ont émigré aux États-Unis, la plus grande vague migratoire cubaine de l’histoire. Parmi eux, environ 400 000 ont reçu le statut I-220A, une libération sous surveillance qui ne permet pas d’obtenir la résidence, tandis que 26 000 autres, arrivés après mars 2024, sont bloqués par la suppression du programme de protection des bénéficiaires du “parole”. De nombreux Cubains, comme d’autres migrants, sont également affectés par le gel des processus de résidence permanente décidé par l’administration républicaine.

Historiquement protégés par des lois spécifiques, les Cubains découvrent aujourd’hui une réalité plus proche de celle des 14 millions d’immigrés sans-papiers aux États-Unis. Bien qu’une grande partie de la communauté puisse encore ajuster son statut, environ 550 000 d’entre eux se retrouvent en situation d’immigration irrégulière.

L’impact de ces restrictions est particulièrement visible chez des migrants comme Nasin Simón Boada, qui a signé sans comprendre un document le plaçant sous statut I-220A, l’empêchant d’accéder à la résidence. Il a déposé une demande d’asile, lui permettant d’obtenir un permis de travail, mais reste dans l’incertitude quant à son avenir.

En Floride, une majorité de Cubains a voté pour Donald Trump, malgré les politiques migratoires restrictives mises en place sous son administration. Viviana, une migrante à Miami, constate ce paradoxe avec ses propres parents, qui sont aujourd’hui menacés d’expulsion après avoir bénéficié du programme de “parole” instauré par Joe Biden.

Ceux qui ont pu entrer grâce à l’application CBP One semblent mieux lotis. Darién Álvarez, arrivé par ce biais, bénéficie d’un permis de travail et prévoit de demander sa résidence sous la loi d’Ajustement cubain. Toutefois, il redoute les nouvelles mesures prises contre les migrants et s’inquiète pour ses proches.

L’avocat Willy Allen estime que les détenteurs du statut I-220B sont les plus vulnérables, car ils n’ont jamais bénéficié d’une entrée légale aux États-Unis. Il espère cependant que ceux sous I-220A pourront voir leur situation régularisée, une décision judiciaire étant attendue en septembre.

Le sociologue Elaine Acosta observe une montée de la peur et du désespoir parmi les Cubains aux États-Unis, un sentiment jusque-là réservé aux autres communautés latino-américaines. Cependant, elle note aussi une forme de déni, de nombreux Cubains espérant encore bénéficier d’un traitement préférentiel. Mais la réalité montre que leur statut particulier s’efface progressivement, les rapprochant de la condition des autres migrants sans-papiers.

Ceci est un un resumé d’un article de CARLA GLORIA COLOMÉ publié initialement en anglais sur: https://english.elpais.com/usa/2025-04-01/trump-buries-the-dream-of-a-green-card-for-550000-cuban-migrants.html?outputType=amp