Les nouvelles taxes de Trump ébranlent l’économie mondiale, provoquant menaces et appels au dialogue…

Donald J Trump, president des Etats-Unis...

WASHINGTON, jeudi 3 avril 2025La décision du président américain Donald Trump d’imposer de lourdes taxes sur les importations a pris de court gouvernements et marchés financiers à travers le monde. L’annonce a déclenché une onde de choc, entraînant des menaces de représailles, des appels à la négociation et une chute des marchés boursiers internationaux.

Pékin a immédiatement dénoncé une politique « d’intimidation », tandis que l’Union européenne a promis une réponse « robuste ». Des responsables français ont d’ailleurs proposé de taxer les géants du numérique américains.

Malgré cela, le Royaume-Uni et le Japon, entre autres, ont exprimé l’espoir d’un accord avec Trump, évitant toute menace de représailles par crainte d’aggraver encore la situation économique mondiale.

Le président américain a notamment annoncé une surtaxe de 34 % sur les produits chinois, qui s’ajoute à un tarif antérieur de 20 %, ainsi que des droits de douane de 20 % sur l’Union européenne, 24 % sur le Japon et 25 % sur la Corée du Sud.

Donald Trump a présenté ces taxes — comprises entre 10 % et 49 % — comme un levier pour corriger des déséquilibres commerciaux injustes, rapatrier les usines et relocaliser les emplois. Avant de quitter la Maison-Blanche pour la Floride, il s’est montré confiant : « Je pense que cela se passe très bien. Les marchés vont exploser, les actions vont grimper et le pays va prospérer. »

La Chine, l’un des principaux exportateurs vers les États-Unis (vêtements, articles de cuisine, etc.), a répliqué en annonçant un ensemble de mesures de représailles qui risquent d’augmenter les prix pour les consommateurs américains.

« Il n’y a pas de gagnant dans une guerre commerciale », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun. « Il est clair que de plus en plus de pays s’opposent aux actions unilatérales et intimidantes des États-Unis. »

À Paris, le président Emmanuel Macron a rencontré des représentants de secteurs stratégiques touchés par ces mesures, notamment les vins, les cosmétiques et l’aéronautique. Il a appelé les entreprises à suspendre temporairement leurs investissements aux États-Unis. « Quel message enverrions-nous si des géants européens investissaient des milliards dans l’économie américaine au moment où l’on nous frappe ? », a-t-il interrogé.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié les nouvelles taxes d’« atteinte majeure à l’économie mondiale », mais s’est gardée d’annoncer de nouvelles sanctions. Elle a précisé que l’UE restait « toujours ouverte au dialogue ».

Des analystes mettent toutefois en garde contre l’engrenage d’un conflit commercial. « L’Europe devra répondre, mais le paradoxe est qu’elle aurait intérêt à ne rien faire », estime Matteo Villa, expert à l’Institut italien des études politiques internationales. « Trump ne semble comprendre que le langage de la force, et cela impose une réponse immédiate et musclée. L’espoir, à Bruxelles, est qu’une riposte suffisamment forte pousse Trump à négocier, voire à reculer. »

Pour l’instant, la stratégie européenne consiste à cibler des produits emblématiques comme le whisky ou les motos Harley-Davidson, afin de faire pression sur les États-Unis sans déclencher une guerre commerciale totale.

Mais certains économistes estiment que l’UE pourrait élargir le conflit au secteur des services, plus vulnérable pour les Américains. Une taxe sur les géants du numérique — comme Google, Apple, Meta, Amazon et Microsoft — est ainsi évoquée par des responsables français.

Le chancelier allemand sortant, Olaf Scholz, a déclaré que l’UE devait « montrer sa force », tout en mettant en garde contre un conflit commercial généralisé qui nuirait à une économie européenne très dépendante des exportations. « Un accord serait dans l’intérêt de la prospérité des États-Unis, de l’Europe et du monde », a-t-il affirmé.

À Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer a prôné une réaction mesurée, déclarant devant des chefs d’entreprise : « Nous allons garder la tête froide. » Il a également exprimé le souhait de parvenir à un accord commercial avec les États-Unis qui permettrait la levée de ces taxes.