Un pasteur du Missouri reçoit un avis d’expulsion pour son fils parrainé d’Haïti

Policiers ICE...

LAWSON, Mo. Jeudi 3 avril 2025 —Depuis la semaine dernière, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a mis fin à certains programmes de libération conditionnelle pour les ressortissants de plusieurs pays, dont Cuba, Haïti, le Nicaragua et le Venezuela.

Ce changement affecte directement Wendy (Wendsy) Desrivieres, un résident du Missouri, dont le programme lui accordait initialement un séjour de deux ans à partir d’avril 2024. Désormais, il devra quitter le pays dans un mois, soit un an plus tôt que prévu.

La famille Morris, qui dirige l’église VCU dans le comté de Ray, Missouri, a partagé son désarroi face à cette décision. Le pasteur Ralph Morris reconnaît que certaines personnes sont entrées illégalement aux États-Unis, mais affirme que son fils adoptif est arrivé de manière légale. Pourtant, un document officiel indique qu’il doit quitter le territoire américain dans un mois.

Originaire d’Haïti, Desrivieres a fui son pays à cause de l’insécurité provoquée par les gangs. Il a rencontré la famille Morris il y a plus de dix ans, qui l’a ensuite pris sous son aile.

« Ils ont remplacé ma famille, mon père et ma mère. J’ai perdu ma mère à 11 ans et mon père à 8 ans », confie Desrivieres. « Je ne sais pas comment leur exprimer à quel point je les aime. »

Depuis son arrivée en avril 2024, il pensait pouvoir rester au moins deux ans aux États-Unis. Aujourd’hui, il s’appuie sur sa foi pour affronter cette incertitude.

« Je le suis », dit-il en parlant de Dieu. « C’est la seule chose que je peux faire. »

Le pasteur Morris souligne que Desrivieres n’est pas le seul concerné par cette décision. « Ce sont 530 000 personnes qui ont reçu cette notification. Elles doivent quitter notre pays dans les 30 jours », explique-t-il.

Implanté dans l’église depuis 34 ans, Morris est également membre du conseil d’administration d’un groupe missionnaire ayant mis en place plusieurs initiatives en Haïti.

« Nous avons fondé sept églises, quatre écoles avec environ 2 000 élèves, et un programme alimentaire. Nous répondons aussi à tous les critères haïtiens pour être une école reconnue », précise-t-il.

C’est à travers cette mission qu’il a rencontré Desrivieres et son jeune frère. Touché par leur situation, lui et son épouse Diana ont décidé de les soutenir. « Il avait besoin d’aide, et nous avons choisi de l’aider », dit-il. « Nous ne comprenons pas ce que nous avons fait de mal. »

Les Morris affirment avoir suivi toutes les démarches légales et ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent dans cette situation.

« Accueille-t-on les immigrants s’ils arrivent légalement et poursuivent un processus de citoyenneté ? Est-ce vrai ou non ? » s’interroge Morris. « Nous avons fait tout dans les règles. Nous avons utilisé un programme approuvé par le gouvernement, le Refugee Parole Program, pour le faire venir aux États-Unis. »

Morris explique que la seule solution pour faire venir Desrivieres était ce programme, car l’ambassade américaine en Haïti a fermé le 8 août 2023, rendant impossible l’obtention d’un visa.

Cet article a été publié initialement en anglais sur: https://www.newsnationnow.com/us-news/immigration/pastor-deportation-notice-haiti/amp/