L’Hôpital Général partiellement incendié : au moins quatre services essentiels affectés…

Vue du batiment de l'HUEH

PORT-AU-PRINCE, jeudi 13 février 2025Ce jeudi 13 février 2025, l’Hôpital Universitaire d’État d’Haïti (HUEH), plus couramment désigné sous le nom de l’Hôpital Général, a été partiellement incendié par des gangs armés, aggravant encore la crise sanitaire déjà sévère dans la capitale haïtienne.

D’après Évelyne Prémont, responsable du syndicat des employés de l’HUEH, plusieurs services essentiels ont été gravement endommagés par les flammes, parmi lesquels figurent les archives centrales, le service de radiologie, la pharmacie, le service d’orthopédie, la salle d’opération et le service de chirurgie.

Depuis février 2024, l’Hôpital Général était fermé en raison de l’insécurité grandissante et du contrôle territorial imposé par les gangs armés sur la zone. Une tentative de réouverture, menée le 24 décembre 2024 par l’ex-ministre de la Santé publique, Dr Duckenson Lorthé Bléma, avait été violemment contrée. Cette attaque tragique avait coûté la vie à deux journalistes, Markenzy Nathou et Jimmy Jean, ainsi qu’à un policier, Daniel Renaud.

Cet incendie met une nouvelle fois en lumière l’omniprésence des gangs à Port-au-Prince, y compris dans des zones stratégiques proches du Palais national. La population se pose des questions sur l’efficacité des autorités à rétablir la sécurité et à protéger les infrastructures vitales du pays.

La situation sécuritaire à Port-au-Prince est désormais d’une gravité alarmante, environ 80 % de la ville étant sous contrôle des gangs armés. Cela rend l’accès aux services de santé pratiquement impossible pour une grande majorité de la population.

Ces dernières années, Haïti a connu une intensification des attaques de gangs contre les établissements de santé, tant publics que privés, exacerbant une situation sanitaire déjà critique. En décembre 2024, l’Hôpital Universitaire d’État d’Haïti (HUEH), principal établissement hospitalier public de Port-au-Prince, avait été incendié par des membres de la coalition de gangs “Viv Ansanm”. Cet acte criminel était survenu à la suite d’une nouvelle tentative de réouverture de l’hôpital, fermée en raison de l’insécurité croissante. Lors de cette attaque, deux journalistes et un policier avaient perdu la vie.

En août 2024, l’hôpital Bernard Mevs, l’un des rares centres de traumatologie en Haïti, avait également été pris pour cible par des gangs, ce qui avait causé d’importants dégâts matériels et perturbé les services médicaux essentiels.

D’après un rapport des Nations Unies publié en avril 2024, environ 60 % des hôpitaux haïtiens étaient incapables de fonctionner à cause de pénuries de médicaments et de carburant, aggravées par les violences perpétrées par les gangs. Le rapport mentionne également le pillage et la vandalisation de l’hôpital Saint-François de Sales à Port-au-Prince, les dommages y étant évalués à 3 millions de dollars américains.

Ces attaques ont des répercussions dévastatrices sur le système de santé haïtien. De nombreux établissements ont été contraints de fermer leurs portes ou de suspendre leurs activités, privant ainsi une large part de la population de soins médicaux indispensables. Le personnel médical subit également les conséquences de cette insécurité croissante, avec des cas d’assassinats et d’enlèvements signalés. En janvier 2025, un expert des Nations Unies a exprimé de vives inquiétudes concernant ces violences, soulignant que des médecins, des infirmières et d’autres travailleurs de la santé, y compris des travailleurs humanitaires, ont été tués ou kidnappés par des groupes criminels.

La situation est d’autant plus préoccupante que, selon des estimations des Nations Unies, près de 80 % de Port-au-Prince est sous le contrôle des gangs armés, rendant l’accès aux services de santé de plus en plus difficile pour une grande partie de la population.

Des organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières (MSF) s’efforcent de maintenir des services médicaux dans des conditions extrêmement périlleuses. Cependant, la violence incessante met en danger le personnel soignant, entraînant de nombreuses démissions et un exode massif de médecins.

Les attaques répétées des gangs armés contre les hôpitaux en Haïti ont gravement compromis le système de santé du pays, aggravant les défis sanitaires et humanitaires auxquels la population doit faire face.