‘‘Les mécanismes opérationnels efficaces et essentiels à la réussite de la force multinationale, restent à définir’’, selon le CARDH…

Des policiers kenyans...

PORT-AU-PRINCE, mercredi 11 octobre 2023– De l’avis du centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), la résolution 2699 autorisant le déploiement de la « Mission de soutien à la sécurité multinationale » (MMSS) en Haïti constitue une étape importante vers la protection de la population , contre la violence des gangs.

Cependant, souligne l’organisation, « Au-delà des aspects opérationnels tels que la protection des zones stratégiques, les missions conjointes avec la police et le renforcement de la police, la résolution prévoit des mesures complémentaires pour aborder les causes structurelles de la criminalité en Haïti : obligation des États de prévenir l’expédition d’armes légères et de petit calibre et de leurs munitions vers Haïti,  renforcement du contrôle des frontières et des ports avec l’appui des Nations Unies, du BINUH, de l’ONUDC ainsi que du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, mesures de prévention des violations des droits de l’homme et responsabilités des acteurs nationaux et internationaux […]

Le CARDH estime que la conception et la mise en œuvre rapides et efficaces de mécanismes spécifiques seront essentielles pour garantir la prévention et la répression efficaces des violations des droits de l’homme, en particulier l’exploitation et les abus sexuels, et favoriser des procédures de reddition de comptes claires pour tout type de fautes.

‘‘Une analyse approfondie des lacunes de la MINUSTAH sera essentielle pour garantir un impact maximal de la MMSS sur le terrain et éviter la répétition des erreurs du passé, tout en créant des conditions pour une restructuration et un renforcement durable et efficace de la police nationale’’, selon le CARDH.

Il suggère l’établissement de mécanismes de coordination clairs et solides entre la Mission et les travailleurs humanitaires, qui sera également essentiel pour assurer une coopération fluide entre la police et les civils afin de garantir l’accès à l’aide aux populations vulnérables.

‘‘Bien que les consultations en cours entre les autorités haïtiennes et certains États membres sur une possible contribution à la MMSS indiquent le déploiement possible d’environ 1500 officiers de police internationaux, il est important de continuer à plaider en faveur d’un engagement accru d’autres États membres et d’organisations régionales et sous-régionales en soutien à la mission, afin d’avoir les ressources humaines, l’expertise ainsi que les contributions financières nécessaires à l’accomplissement du mandat’’, souhaite le CARDH.

Il souligne ‘‘la nécessité pour tous les Haïtiens de tenir compte des prescriptions du paragraphe 15 de la résolution 2699 du Conseil de Sécurité, appelant toutes les parties à coopérer pleinement avec la MMSS dans l’exécution et la mise en œuvre de son mandat. ‘’

Selon le CARDH ‘‘un effort national multisectoriel cohérent est nécessaire pour soutenir de manière constructive et contribuer aux travaux et aux activités de la MMSS. La société civile haïtienne peut jouer un rôle essentiel en facilitant la communication avec le gouvernement haïtien et tous les partenaires internationaux, et en établissant un dialogue durable avec la MMSS sur les questions de sécurité clés et les opérations affectant la vie quotidienne de la population.’’

‘‘ Un tel mécanisme permettrait également à la société civile d’agir efficacement en tant que chien de garde, en interagissant et en échangeant des informations avec la MMSS, en proposant des recommandations sur la meilleure façon d’aider les autorités haïtiennes à restaurer la sécurité et à créer progressivement les conditions pour la tenue d’élections et faciliter le rétablissement des institutions démocratiques’’, ajoute le CARDH.

Au Kenya, le processus de recrutement des policiers devant faire partie de la force multinationale dirigée par ce pays d’Afrique en Haïti. Cette force doit être déployée en janvier 2024, selon les prévisions kenyanes.

Cependant, la Cour Suprême kenyane a ordonné lundi l’arrêt temporaire du déploiement des policiers kenyans dans le cadre de cette mission pour cause d’inconstitutionnalité.