Haïti plongée dans le chaos : la presse, nouvelle cible des terroristes de “Viv Ansanm”; Pierre Espérance appelle au démantèlement total des foyers terroristes…

Jimmy 'Barbecue'' Cherizier, chef du ''G-9 an Fanmi e Alye'' lourdement arme...

PORT-AU-PRINCE, dimanche 16 mars 2025Haïti sombre chaque jour davantage dans une spirale infernale de violence, où plus de 80 % du territoire métropolitain de Port-au-Prince est sous le contrôle des groupes armés. Après avoir semé la terreur au sein de la population civile, les terroristes de Viv Ansanm ciblent désormais un pilier essentiel de la démocratie : la presse.

En une semaine, trois stations de radio ont été réduites en cendres : Radio Caraïbes, Radio Mélodie et, tout récemment, Radio Télé Plurielle. Ces attaques systématiques visent à bâillonner les médias et à instaurer un climat de peur généralisé. La destruction des infrastructures médiatiques, en plus d’amplifier le chaos, prive la population de sources d’information cruciales dans un pays où l’insécurité règne en maître.

Face à cette escalade de terreur, le gouvernement haïtien a fermement condamné ces actes criminels, dénonçant une tentative désespérée d’intimidation de la part des gangs armés. Dans un communiqué, il a réaffirmé son attachement inébranlable à la liberté de la presse et promis que ces attaques ne resteraient pas impunies. Toutefois, cette déclaration contraste avec la réalité d’un État dépassé par l’ampleur de la crise sécuritaire et dont les institutions peinent à contenir la montée en puissance des groupes terroristes.

Samedi 15 mars 2025, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a lancé une vaste opération dans les quartiers sous l’emprise du chef de gang Johnson André, alias Izo 5 Segond. Cette intervention, menée avec des véhicules blindés et des unités spécialisées, s’est concentrée sur Fort-Saint-Clair, le Théâtre National et les alentours du siège de l’Électricité d’Haïti (EDH) au Bicentenaire. Selon la PNH, l’opération aurait causé la mort d’au moins une vingtaine de criminels.

Mais ces offensives ponctuelles, aussi musclées soient-elles, suffisent-elles à enrayer l’hémorragie sécuritaire ? Alors que les gangs se réorganisent et étendent leur mainmise, la population se retrouve piégée entre l’impuissance des autorités et la brutalité des criminels. Chaque jour, des familles fuient les quartiers en proie aux affrontements, accentuant une crise humanitaire déjà alarmante.

Face à l’ampleur de la menace, le militant des droits humains Pierre Espérance exhorte les forces de l’ordre à intensifier leurs opérations jusqu’au démantèlement total des foyers terroristes. Selon lui, la passivité ou l’hésitation ne sont plus une option : « Il faut aller jusqu’au bout dans la lutte contre le terrorisme, car il constitue une menace existentielle pour le pays. »

Espérance a également interpellé le gouvernement sur l’urgence d’équiper la police en moyens logistiques, technologiques et matériels suffisants pour mener à bien sa mission. Sans ce soutien, toute initiative de reconquête restera vaine. Il appelle aussi la population à s’impliquer activement pour soutenir les forces de l’ordre et contribuer à la traque des criminels.

À ce stade, Haïti se trouve à un tournant critique. Soit l’État reprend le contrôle et réaffirme son autorité, soit le pays sombre définitivement dans l’anarchie, livrant sa population à la merci de factions armées déterminées à s’imposer par la terreur.