PORT-AU-PRINCE, mercredi 2 avril 2025–Le mercredi 2 avril 2025, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince pour dénoncer l’escalade de la violence des gangs et l’inaction perçue du gouvernement face à cette crise sécuritaire. Les manifestants ont exprimé leur frustration envers le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la mission de sécurité soutenue par l’ONU, jugés inefficaces pour endiguer la progression des gangs armés qui contrôlent désormais une grande partie de la capitale et de ses environs.
La mobilisation, initialement pacifique, a dégénéré en affrontements violents. Des coups de feu ont éclaté près des bureaux du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du Conseil Présidentiel de Transition, provoquant la panique et la dispersion de la foule. Certains manifestants étaient armés et ont ouvert le feu, tandis que la police a répondu par des tirs de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires.
Les gangs, désormais unis sous la coalition “Viv Ansanm”, ont forcé plus d’un million de personnes à quitter leur domicile, contribuant à la paralysie économique et à une faim généralisée. Ils sont également accusés d’extorsion, de viols en masse et de meurtres. Les critiques allèguent que la mauvaise performance du gouvernement face à l’avancée des gangs est liée à la corruption de l’État et même à une collusion avec les hommes armés et leurs soutiens financiers, bien que le gouvernement rejette ces accusations.
Cette manifestation intervient quelques jours après une évasion massive dans la ville centrale de Mirebalais, où environ 500 détenus ont été libérés par des gangs armés. Par ailleurs, le même jour, les États-Unis ont imposé des tarifs de 10 % sur les exportations haïtiennes, une mesure que les économistes avertissent pourrait nuire davantage à l’économie déjà en difficulté du pays.
Les habitants de Port-au-Prince continuent de vivre dans la peur, alors que les gangs étendent leur influence et que les forces de sécurité semblent incapables de rétablir l’ordre. Les manifestants ont clairement exprimé leur désir de sécurité et de stabilité, mais la situation reste tendue et incertaine.