Des titulaires du TPS dont des Haïtiens contestent l’annulation de l’aide humanitaire pour plus de 600 000 vénézuéliens…

Marlene Bstien en noir, gauche entouree de jeunes haitiennes

SAN FRANCISCO, 24 mars 2025 – Un groupe de titulaires du Statut de Protection Temporaire (TPS) a contesté lundi devant un tribunal fédéral la décision de l’administration Trump de mettre fin à cette aide humanitaire, estimant cette action illégale. Des Vénézuéliens et Haïtiens protégés par le TPS demandent à la justice de suspendre la décision de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qui prévoit de mettre un terme à ces protections dès le 2 avril, le temps que l’affaire soit examinée par les tribunaux. Si cette décision est maintenue, 350 000 Vénézuéliens perdront leur autorisation de travail et leur statut légal dès la première semaine d’avril. En outre, 250 000 autres Vénézuéliens et 500 000 Haïtiens risquent de perdre leur protection dès cet été à la suite des mesures prises par la secrétaire Noem.

L’audience marque la première étape du procès NTPSA c. Noem, intenté en février pour contester cette annulation, qui révoque une protection déjà accordée par l’ancienne administration. Selon les plaignants, cette décision est non seulement sans précédent mais également illégitime et motivée par des considérations discriminatoires. En tout, ce procès vise à protéger plus d’un million de titulaires du TPS d’origine haïtienne et vénézuélienne. La National TPS Alliance, une organisation dirigée par des titulaires du TPS, mène cette bataille judiciaire. Les plaignants sont représentés par plusieurs associations de défense des droits des immigrés, dont la National Day Laborer Organizing Network (NDLON), les ACLU Foundations de Californie du Nord et du Sud, le Center for Immigration Law and Policy de l’UCLA et la Haitian Bridge Alliance.

Jose Palma, coordinateur de la National TPS Alliance, affirme que la communauté des titulaires du TPS reste soudée face à cette menace. Il dénonce une décision injuste et dangereuse pour des familles entières qui ont trouvé refuge aux États-Unis. E.R., un plaignant vénézuélien, témoigne de son désarroi en expliquant que sa fille et lui dépendent du TPS et qu’ils ne peuvent pas retourner en toute sécurité au Venezuela. Il exprime son inquiétude face aux attaques répétées de l’administration Trump contre les Vénézuéliens, tout en soulignant la force de la solidarité au sein de la communauté.

Jessica Bansal, avocate à la NDLON, souligne que la tentative du DHS de priver des centaines de milliers de migrants vénézuéliens de cette protection humanitaire est sans précédent et illégale. Elle indique que les plaignants demandent un recours d’urgence pour éviter des dommages irréparables aux familles immigrées. Emi MacLean, avocate à l’ACLU de Californie du Nord, rappelle que le TPS a été conçu pour des situations comme celle-ci et que la secrétaire Noem n’a pas le pouvoir d’éliminer ces protections. Ahilan Arulanantham, du UCLA Center for Immigration Law and Policy, insiste sur le fait que l’administration fédérale viole la loi en mettant fin aux protections TPS pour 600 000 Vénézuéliens, une décision qu’il juge discriminatoire et contraire au Cinquième Amendement. Erik Crew, avocat à la Haitian Bridge Alliance, affirme que les plaignants méritent la garantie que leur protection humanitaire ne sera pas supprimée du jour au lendemain.

Ce procès représente un moment décisif dans la lutte pour les droits des bénéficiaires du TPS. Les plaignants espèrent que la justice interviendra rapidement pour empêcher des centaines de milliers de personnes de tomber dans l’irrégularité et l’incertitude.